ASTON MARTIN V8 VANTAGE SP10

Cette Vantage n'a pas làire vraiment différente des autres a première vu, mais les apparences sont trompeuses. Pour les fan d'endurance, le nom vous donne déjà un indicie. SP10, c'est une référence direct au VLN, un championnat d'endurance (organisé depuis 1977 sur la Nordschleife par un groupement d'associations de sport automobile) que domine les Vantage GT4 depuis deux ans a dater de la sortie du modèle. D'ailleur, cette année n'est pas pas non plus indiférente, car elle marque le centenaire de la marque, 1913-2013 ! La gamme d'Aston Martin se faisant vieille, cette année fut l'occasion de lancer deux nouveaux modèles, et de donner un petit coup de pouce a la Vantage grace a cette edition speciale.

Parlons-en de cette edition, car jusqu'a maintenant, a part le nom on ne sais pas ce qu'elle a de différent des autres.

La SP10 est basé sur la Vantage S, qui est elle même une évolution de la Vantage de base. La S proposait un tempérament un peu plus affûté436 ch,  une direction plus précise, des suspensions légèrement plus sportives et des gommes un peu plus généreuses. Des optimisations en grande partie occultées par la transmission… car effectivement, elle nétait disponible qu'avec la boite robotisée Sportshift II, qui pour beaucoup laissais a désirer (mais qui, pour des personnes sans grande expérience, est largement suffisant). Et enfin, avec cette edition, Aston Martin propose une boite manuelle, pour le plus grand bonheure passionés si j'ose dire. Elle a aussi plusieur autres spécificitées minime, on peu cité la peinture Ceramic Grey metallic, jantes de 19 pouces "Graphite" et pack carbone. La console central s'habille d'un piano black beaucoup plus élégant que du simple plastique... gris.

Pas grand-chose à première vue, et surtout pas du côté du chrono (0 à 100 km/h en 4,5 s, 305 kmk/h, des chiffres inchangés). Mais très vite, comparée à une Vantage dotée de la boite Sportshift, elle donne l'impression d'une conduite sans filtre. Et se rapproche de l'idée que l'on se fait d'une GT virile…

Le bénéfice est donc bien réel : on a enfin le sentiment gratifiant d'être seul maitre à bord, en oubliant la gestion hasardeuse de la boite auto. Là, on trouve un levier au maniement ferme, parfaitement guidé. Et un embrayage qui demande à la fois du mollet et du dosage. Pour profiter pleinement des 436 ch du V8 et de ses montées en régime rageuses, il faut s'impliquer ! Et surtout, fuir la ville ou le trafic trop dense. Sans quoi, la transmission a vite tendance à chauffer.

Méfiance toutefois, car son équilibre et son toucher de route précis, grâce à sa direction idéalement calibrée, mettent (trop ?) vite en confiance. On hausse le rythme, mais gare aux blocages de boite et ruades de l'arrière-train, lors de rétrogradages trop brutaux. Un certain doigté est requis, comme avec une authentique sportive … Finalement, il n'y avait guère que la Corvette C6, aujourd'hui disparue, pour offrir ce genre d'ivresse.

C'est là que quelques défauts propres à la Vantage apparaissent plus clairement : le freinage acier manque d'endurance, les sièges manquent de maintien et la conception du pédalier gêne rapidement en conduite sportive où le talon-pointe est quasi obligatoire (trop étroit, frein curieusement implanté)… Dommage également que l'abandon de la boite robotisée ne permette pas de faire baisser la balance (toujours à 1.610 kg). D'autant plus regrettables que l'équilibre de la Vantage (49/51) est toujours l'un de ses atouts…

On mettra ces reproches sur le compte de l'esprit typiquement Aston : même dans la sportivité brute, on trouve une certaine retenue. Comme s'il ne fallait surtout pas que la brutalité prenne le pas sur le raffinement. Les bruits de transmission et les râles gutturaux du V8 sont plus présents que jamais, tranchant avec l'ambiance intérieure.